Il était une fois une Fée Electricité qui avait des gaz

Le dernier épisode de Game of Thrones vient de terminer. L’heure est venue d’éteindre la lumière et de vous envoler pour le pays imaginaire. Sans que vous soyez au courant, quelque chose va pourtant continuer de mouliner : l’électricité.
En effet, bien que vous soyez endormi, vous continuez d’une manière ou d’une autre à consommer de l’électricité pour faire fonctionner frigo, chauffage, internet ou simplement votre réveille-matin.

Pire que notre dépendance au pétrole, depuis notre coup de foudre pour la Fée Electricité , nous voulons voler toujours plus haut ! Pourtant, cette fée n’est pas aussi sexy qu’on voudrait nous le faire croire ! L’électricité c’est d’abord un tas de câbles, de pylônes et d’usines fumantes. D’accord, il ne faut pas juger uniquement aux apparences, mais alors qui est cette fée exactement ?

L’électricité n’est pas une ressource naturelle qui peut être collectée comme le pétrole. Pour exister, l’électricité est produite par un aimant qui tourne à l’intérieur d’une bobine de fil de cuivre. Ce mouvement mécanique assez simple produit toute l’électricité. Pourtant, entre vélo, combustion du charbon, construction de barrages et centrales nucléaires, il est très difficile de trouver un fil conducteur à tout ça !

Pour faire simple, la production d’électricité c’est exactement ce qui se passe avec la dynamo de votre vélo. Au fur et à mesure que vous pédalez votre roue tourne ce qui fait tourner l’aimant dans la bobine et permet de produire électricité pour éclairer votre lanterne.
Il faut ainsi pédaler environ 36h pour produire seulement 1kW d’électricité. Pourtant, cette poussière de fée suffirait à peine à utiliser votre micro-onde ou votre cafetière électrique pendant 5min.

 

Pour produire de l’électricité, il faut donc une force capable de faire tourner l’aimant rapidement pour répondre aux besoins de tout monde.

Le côté positif est que nous savons faire tourner une roue à la force du vent ou de l’eau depuis plus d’un siècle. Le côté négatif est que nous préférons tourner à la vapeur d‘eau. Mais pour faire chauffer l’eau efficacement, il nous faut un combustible essentiel : le charbon.

C’est pour cela que nous puisons dans les mines de charbon. Rien de très féerique dans tout cela : l’extraction, le transport et (surtout !) la flambée du charbon émettent un gros paquet de gaz à effet de serre (GES) et poussent à la déforestation partout jusqu’en Europe.

Ainsi près de 40% de l’électricité européenne et américaine est produite grâce au charbon. Ce à quoi s’ajoute 65% de l’électricité en Inde et 80% en Chine. Pas sûr que la fée Morgane soit de la partie !

 

Autre idée pour faire chauffer la marmite : utiliser du Gaz naturel ou du Pétrole. Mais, tout comme le charbon, ces combustibles sont disponibles en quantité limitée et leur extraction, transport et combustion émettent beaucoup de CO2. Au final, un rapport de l’ADEME démontrait en Juin 2010 que jusqu’à 340 grammes de CO2 sont émis pour produire 1kW en Europe et c’est pas parce que Clochette a des gaz ! 

 

Pour produire de l’électricité, nous avons vu que la roue peut tourner grâce à la force de l’eau. C’est pour cette raison que vous pouvez voir des centrales hydroélectriques proches des fleuves, rivières, lacs ou mers.
Il s’agit souvent de barrages gigantesques dont le principe est assez simple : je conserve de l’eau dans un bassin artificiel et, quand on a besoin d’un peu de jus, je tourne le robinet pour faire tourner la bobinette géante. Si c’est clair comme de l’eau de roche, ça doit être aussi gentil que la Fée Bleue de Pinocchio, n’est-ce pas ?

Malheureusement, la construction de barrages oblige souvent à l’expropriation et met en danger des êtres-humains en Afrique , en Amérique et en Europe ! Les barrages causent aussi de grandes inondations qui vont noyer nombre d’animaux et de plantes, dont la décomposition libère de grandes quantités de GES .

 

Pour que la roue tourne, le dernier moyen utilisé est l’énergie nucléaire qui fonctionne selon le même principe qu’une bouilloire. D’énormes tuyaux sont donc plongés dans d’immenses cuves pleines d’eau. A l’intérieur de ces tuyaux une réaction physique va faire éclater des atomes, ce qui va dégager une énorme énergie qui va chauffer l’eau de la cuve.

Le point positif est que cette production d’électricité n’émet pas de GES. Le point négatif est que c’est terriblement dangereux. Quid du Projet Manhattan, Tchernobyl et Fukushima ?! Là où nous dépassons largement les bornes, c’est que nous ne savons pas quoi faire de tous ces morceaux d’atomes une fois qu’on les a cassés. Alors nous cachons nos déchets sous le tapis, ou plus précisément dans d’énormes piscines à côté de chez nous ou carrément dans des pays voisins pas trop regardants

Et ne parlons même pas des effets cancérigènes de ces centrales nucléaires et de leurs déchets radioactifs sur les organismes vivants. Du coup, notre Fée Electricité s’appelle sûrement Carabosse.

Pour conclure, en matière de production électrique, nous ne devrions plus attendre après notre Marraine la bonne fée. D’ailleurs, il existe des moyens écologiques de produire l’électricité tout en étant simplement « raisonnable dans sa maison » (éolienne, solaire, biomasse). De plus, bien que leur fabrication pollue, les panneaux photovoltaïques sont aussi un moyen de capter la lumière pour la transformer directement en électricité, sans même utiliser d’eau.

On vous dira surement que ces solutions sont insuffisantes, que c’est de l’amateurisme et qu’il faut arrêter de croire aux contes de fées. Pourtant, chacun d’entre nous pourrait produire sa propre électricité et la partager dans un réseau intelligent (ou « smart grid »). Imaginez simplement que nous pédalions tous dans le même sens : chaque kilowatt mis en commun permettrait à notre puissance électrique de répondre à tous nos besoins.

« Si vous pouvez le visualiser, si vous pouvez le rêver, il y a un moyen de le faire. » Walt Disney

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