Bonjour, je m’appelle *VOTRE NOM* et je suis pétrole-addict

Avant de faire un procès au pétrole, revenons d’abord sur ses « bienfaits. » Interrogeons un témoin clef dans cette enquête : le cachalot anonyme.

« Ma famille n’a pas trop apprécié le temps où on se faisait écorcher vif pour se faire transformer en bougie, savon et huile de moteur. Pour nos cousines les baleines, l’insulte ultime c’était de finir en roulette à pizza. C’était une honte après avoir autant voyagé de finir comme ça… D’une façon ou d’une autre, on était tous au bout du rouleau… si je puis dire ! Mais heureusement quand les humains ont dû étancher leur soif de pétrole ils nous ont vite oubliés ! »

Avant de revenir plus en détails sur notre état d’ébriété chronique, précisons aussi qu’à la grande époque des baleiniers, les récipients étaient en verre ou en céramique et leur transport était difficile, notamment à cause du poids des marchandises. Ainsi l’import-export était couteux, prenait du temps et émettait déjà beaucoup de gaz à effet de serre, notamment du CO2.

 

L’explosion de l’utilisation du pétrole (notamment sous forme de plastique) a ainsi permis d’épargner les grands mammifères marins et faciliter le transport de marchandises à travers le monde. Ce premier verre était donc euphorisant et, somme toute, bien agréable.

Nous avons d’abord consommé le pétrole occasionnellement sous forme liquide mais, très vite, on s’est mis à en consommer de différente manières : emballages, vaisselle jetable, jouets, vêtements, colorants, cosmétiques, électroniques…

Malheureusement, comme souvent, il y a eu le verre de trop. Au début du XXe siècle, nous sommes parvenus à utiliser le pétrole comme carburant pour faire avancer des voitures et, depuis, notre taux de pétrolémie n’est jamais redescendu.

Il faut dire que nous avons d’abord consommé le pétrole occasionnellement sous forme liquide mais, très vite, on s’est mis à en consommer de différente manières : emballages, vaisselle jetable, jouets, vêtements, colorants, cosmétiques, électroniques… Dès lors, notre consommation occasionnelle est passée de plusieurs fois par mois, à une fois par semaine, puis plusieurs fois par jour.

 

Vous vous dites sûrement : « Eux ils sont vraiment addict’. Moi j’arrête quand je veux ! » Et en même temps, vous lisez ce texte sur un écran qui a nécessité environ 20 litres de pétrole…

 

Bien-sûr, comme dans toute addiction, il faut aussi regarder du côté des dealers qui vous rendent dépendants puis vous parlent des risques et difficultés d’obtenir la came tout en augmentant les prix. Pourtant, pas besoin de se prendre une grosse biture, pour remarquer que c’est au pire moment où vous êtes en manque, on vous dit « je suis à sec, j’en ai plus mec » et puis, quelques temps plus tard « t’inquiète j’ai trouvé un nouveau filon ».

Malheureusement, pour le pétrole c’est à la fois vrai et faux . Le pétrole provient de la décomposition d’animaux et de végétaux enfouis très profondément dans le sol. Alors, oui c’est vrai : c’est compliqué et dangereux de se fournir et, surtout, le pétrole ne se renouvelle qu’après un « pourrissement » qui dure des millions d’années. Ouais, mon vieux / ma vieille, ça prend vraiment beaucoup, beaucoup de temps. C’est pour ça que le pétrole est une énergie fossile et qu’il ne se renouvelle pas facilement.
Par contre, c’est faux : on ne fait pas encore les fonds de bouteille car les moyens techniques sont de plus en plus innovants pour aller extraire le pétrole de plus en plus profondément. En plus, c’est très rentable… vu le prix où on nous revend cet or noir !

 

Il ne faut pas rêver néanmoins : l’innovation technologique ce n’est pas une jolie fée verte descendue du ciel pour nous abreuver.

Nous l’avons dit : le pétrole provient d’un pourrissement et, généralement, le pourri, ça pue ! On ne peut donc pas s’étonner que, quand le pétrole est extrait des bas-fonds, cela libère des tonnes de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. À proximité des gisements, les habitants sont d’ailleurs souvent saoulés rien qu’à l’odeur… si ce n’est carrément intoxiqués !
De plus, on l’aura deviné : le pourri c’est crade ! Donc quand le pétrole remonte du sous-sol et traverse les diverses couches géologiques, il va tout saloper sur son passage y compris l’eau contenue dans la nappe phréatique. Chaque bidon de pétrole extrait du sol va ainsi déverser des produits chimiques dans l’eau potable : et une cuillère pour les plantes, et une cuillère pour les animaux, et une cuillère pour noouuuus !!

Ce cocktail de GES et d’eau polluée vient donc empoisonner la biodiversité aux alentours, mais aussi à l’échelle planétaire. Tout cela, non pas pour nourrir l’humanité, mais bien pour faire rouler les voitures, voler les avions, boire à la bouteille, manger avec des couverts en plastique, nous offrir des téléphones et des cafetières électriques dernier cri…

 

Ultimes victimes de cette gueule de bois : les baleines et les cachalots ! En effet au large des côtes américaines, leur survie est à nouveau remise en cause par les forages . Heureusement, cette fois il ne s’agit pas de les transformer en ombrelles, mais seulement de leur administrer une overdose de solvants, le tout arrosé d’ondes sismiques !

Aujourd’hui, assis au comptoir de l’assommoir, sommes-nous juste mauvais ou sommes-nous ignorants et trop gâtés ?

En réalité, loin d’être « ignorants », nous devons admettre que nous avons un problème avec le pétrole. La prochaine étape est donc de soigner notre dépendance.

Récemment, sous la pression des citoyens, de grandes villes américaines ont d’ailleurs décidé d’attaquer en justice des géants de l’industrie pétrolière. Chacun d’entre nous peut ainsi agir et consommer différemment pour faire que tout le monde avance dans le même sens. C’est en cela que notre pouvoir est un océan.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *